mardi 1 juin 2010

Le label FCS se développe!

Au congo, près de 2,5 millions d'hectares ont déjà été certifiés FSC, label alliant un suivi de la forêt, un volet social de qualité et le respect de la biodiversité. Objectif : 10 millions en 2012.


Sapelli, wengé, azobé, ayou, bilinga… Autant de noms d'arbres aux consonances exotiques qui caractérisent la richesse de la forêt du bassin du Congo. Une marée verte qui couvre en tout 2 millions de kilomètres carrés, quatre fois la superficie de la France. L'un des trois grands massifs forestiers de la pla­nète, avec l'Amazonie et l'Indonésie, qui jouent un rôle clé dans le climat planétaire, en fixant du CO2 mais aussi en concentrant les précipitations.


La République du Congo (Brazzaville), qui abrite une partie de cette immense forêt à l'intérieur de ses frontières, a voulu en faire un atout environnemental et économique. Elle détient la plus grande superficie de forêt tropicale certifiée en Afrique centrale, soit 2,5 millions d'hectares sur 4 millions qui peuvent prétendre aujourd'hui au label FSC (Forest Stewardship Council). Mieux que l'Amazonie, qui a un million d'hectares certifiés.


Deux grandes entreprises sont directement concernées : la CIB (Congolaise industrielle des bois, du groupe danois DLH) et IFO (Industrie forestière de Ouesso, du groupe allemand Danzer) ont mis sur pied des plans d'aménagement rigoureux alliant un suivi de la forêt, un volet social de qualité et le respect de la biodiversité.


Côté forêt, tous les arbres sont inventoriés, cartographiés et exploités selon des règles précises. Tous les ans, une parcelle est désignée pour la coupe. En moyenne, seulement 2 à 2,5 arbres par hectare sont prélevés pour les essences premières et entre 3 et 3,5 pour les essences secondaires.


La nature reprend ainsi ses droits, les pistes sont envahies par la végétation, la faune revient, et notamment les chimpanzés et gorilles ou les éléphants, que les entreprises tentent de protéger du braconnage en employant des éco-gardes.


Investissements bloqués


Détenir le label FSC suppose que l'on respecte des règles sociales et de sécurité pour les travailleurs de l'entreprise mais aussi pour les familles : logement, eau, électricité, soins, scolarité des enfants… « Comme les populations locales cèdent une partie de leur forêt à l'exploitation, l'entreprise verse au comité de développement local l'équivalent de 200 francs CFA par mètre cube vendu », poursuit Donatien N'Zala. L'an dernier, IFO a versé 160.000€ pour des programmes agri­coles.


Le label FSC suppose que des règles soient respectées, notamment en matière d'éducation des enfants.


Le respect des règles est contrôlé chaque année par des organismes vérificateurs et les résultats sont suivis à la loupe par les ONG. Pour les entreprises, le défi n'est pas mince quand la conjoncture se renverse comme aujourd'hui, entraînant licenciements et chômage tech­nique. Le gouvernement congolais a diminué quelques taxes, mais, pour certaines essences, les ventes ont parfois chuté de 40 à 50% et les prix se sont écroulés. A tel point que l'exploitation des essences secondaires à été suspendue, coûtant plus cher qu'elle ne rapporte.


La démarche de certification reste néanmoins un avantage : le label FSC ne leur permet certes pas de vendre plus cher mais de se maintenir sur le marché, notamment en Europe où les entreprises ne peuvent plus vendre sans être labellisées. Il n'est donc pas question de revenir en arrière, même si beaucoup d'investissements sont aujourd'hui bloqués. L'Ifia (Association interafricaine des industries forestières), qui regroupe 300 entreprises, vise 10 millions d'hectares certifiés en 2012.


« Aujourd'hui, le niveau de pression sur la forêt, la flore et la faune des régions tropicales humides dépend principalement de la pression démographique et des axes de développement économique », souligne Guillaume Ernst, spécialiste de la région pour l'AFD (Agence française de développement). Ce n'est pas le cas des forêts du Congo-Brazzaville. Une carte maîtresse que ni l'État ni les entreprises n'entendent laisser filer.


Source: Le Figaro, 010610

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